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Ma passion pour la photographie des oiseaux

Vessela Banova
Janvier 2026

Ma passion pour la photographie des oiseaux est liée à la découverte des bousards en plein vol.
À la fin de l’année 2007, j’ai dû commencer à faire des allers-retours entre Sofia et le cœur de la vallée du Danube. Là-bas, dans une région où l’on pense plutôt à la chasse et à la pêche, se trouvait un établissement pour enfants handicapés mentaux, créé après 1945, lorsque les communistes sont arrivés au pouvoir en Bulgarie. À cette date, il n’y avait que deux établissements pour enfants atteints de troubles neurologiques dans tout le pays.
Par la suite, plus de 20 institutions pour enfants atteints de retard mental ont vu le jour, terme qui désignait alors toutes les souffrances psychiques chez les enfants. La particularité de ces institutions est qu’elles ont été délibérément créées dans des endroits très inaccessibles. Les enfants différents, les enfants handicapés, devaient être cachés aux yeux des gens dans la société socialiste harmonieuse.
Après la chute du système communiste, je me suis rendue régulièrement pendant trois ans dans l’une de ces institutions, accompagnée de mon collègue pédiatre. La situation dans cette institution était si tragique qu’on pouvait parler d’une confrontation frontale avec le réel. Mon collègue conduisait et, tandis que nous roulions vers l’institution à travers les marais, les forêts et les canyons, je regardais par la fenêtre. Mon regard s’est alors posé sur un bousard qui s’envolait.
Après cela, j’ai commencé à observer les bousards de manière ciblée. J’ai eu envie de les photographier. Je me suis acheté un appareil photo avec un objectif pour oiseaux. Outre les bousards, j’ai commencé à découvrir d’autres oiseaux dont je ne soupçonnais pas l’existence. Le plus intéressant pour moi était de découvrir le nom et l’espèce de l’oiseau que j’avais photographié.

Mon regard s’est détaché de l’horreur de l’institution, de la vue des enfants qui souffraient, pour s’accrocher sur les oiseaux qui s’envolaient. Cela m’a permis de quitter l’Agence nationale pour la protection de l’enfant, dont j’étais vice-présidente, et de continuer à fréquenter cette institution, où je soutenais le personnel et travaillais avec certains enfants, jusqu’à sa fermeture définitive et le transfert des enfants vers de nouveaux lieux de vie plus agréables.